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L'actualité du haut débit et des fournisseurs d'accès

Publié par Ronan le jeudi 14 août 2008 à 15h50

Afrique : sur le continent perdu d'Internet

Le tarif des abonnements haut-débit est, en Afrique, totalement inaccessible au commun de ses habitants. Un désastre humain, économique et... parfaitement évitable.

Internet si loin de l'Afrique Parler de fracture numérique en Afrique semble relever de l'euphémisme, tant ce continent est coupé de la toile Internet. Selon une récente étude d'APC, l'Afrique ne disposait ainsi en 2004 que de 5329 Mbps, soit 0.11% de la bande passante internationale. Ceci correspond à 6.4 bits par habitant contre près de 3650 pour l'Europe ou l'amérique du Nord.

De plus, même au sein de ce no man's land numérique, où le "haut-débit ADSL" en 128 Kbits non garanti peut, comme au Togo, se voir facturé 75€ par mois, il existe des contrastes immenses entre l'Afrique du Sud et les pays du Nord, d'une part, et, d'autre part, les pays d'Afrique Noire.

Dans les pays les plus avancés, comme, par exemple, en Egypte ou en Afrique du Sud, il est possible d'obtenir des tarifs et des débits proches de ceux connus au Moyen-Orient ou en Amérique latine. Dans la majorité des autres, il ne fait pas bon être internaute.

Internet n'est pourtant pas qu'un moyen de divertissement : c'est un moyen de connaître les cours du café, du thé, par exemple, et donc de valoriser au mieux sa récolte auprès des grossistes. C'est également un moyen pour les artistes et les artisans locaux de faire connaître leurs oeuvres, et de les présenter à des acheteurs solvables d'Europe et d'ailleurs.

C'est aussi un moyen de s'informer de la météo locale et de savoir, par exemple, quand moissonner. C'est aussi un moyen de s'informer et d'accéder à la connaissance. Les chercheurs peuvent échanger avec leurs pairs, accéder à des bases de données de publication, et ainsi gagner un précieux temps dans leur recherche. Les étudiants peuvent y trouver réponse à la plupart de leurs questions... et pallier certaines absences de professeurs...

Enfin, Internet est un moyen, en lui-même, de gagner de l'argent : les call-centers et les services de bpo, "business process outsourcing", sont basés sur la présence de moyens de communication fiables, peu coûteux et sécurisés des données entre pays à hauts et faibles coûts salarials. Malheureusement, la majorité des pays d'Afrique concernés par des tarifs exorbitants d'accès à Internet sont ceux-là même qui auraient le plus à gagner de ce type de business modèles.

Il existe pourtant d'énormes marchés : l'un des plus porteurs, aujourd'hui, est celui de la télé-surveillance. Les caméras de surveillance envoient leurs informations via le Net jusqu'en Afrique, où des personnes observent ce qui s'y passe... Le plus gros coût de l'opération : la bande passante.

Au Togo, par exemple, un professeur d'une école de brousse gagnera, à plein temps, un peu moins de 50 € par mois... Une somme dérisoire qui ne lui permettrait pas de payer une connexion ADSL. Face à cette dure réalité, seuls quelques personnes riches et les cybercafés disposent d'un accès. Il est de coutume de venir au cybercafé avec son journal : un seul accès à "haut-débit" étant souvent partagé entre tous les utilisateurs, le journal permet d'accepter plus facilement la frustration d'attendre quelques minutes le chargement d'une simple page.

Ce ne sont pourtant pas les infrastructures qui manquent : un réseau optique longe toute l'Afrique Occidentale, irriguant toutes les capitales du Golfe de Guinée. Son nom : le SAT 3. Possédé par un consortium d'entreprises, dont de nombreux opérateurs nationaux, il est géré dans une optique de maximisation des profits. Les prix très élevés demandés pour sa location découragent la consommation, alors que ce réseau optique est très loin d'être utilisé à 100%.

Des mouvements tels que l'APC essaient d'éveiller le rôle à ces réalités : avec un investissement modeste à l'échelle de la planète, de l'ordre d'un petit milliard, il serait possible de réduire fortement les inégalités Nord/Sud en laminant cette fracture numérique. Après tout, Sat 3 n'avait coûté que 650 millions de $ pour sa construction. Laminer les coûts est la bonne expression : il est courant de voir des prix plus de cent fois supérieurs pour de la location de bande passante entre Afrique et Etats-Unis ou entre Afrique et Europe, que ne le sont les prix entre Europe et Etats-Unis, ou encore entre Europe et Asie.

La seule concurrence aujourd'hui à Sat 3 est celle du satellite : une concurrence bien imparfaite car le satellite bidirectionnel propose un mauvais ping. Les futurs joueurs de Warhammer Online en Afrique ne pourraient donc, par exemple, pas jouer dans de bonnes conditions par ce biais.

En Afrique, la connexion ADSL moins rapide et dix fois plus chère qu'en France...

Que ce soit dans le cadre de villages de brousse ou de bidonvilles, Internet peut se révéler un formidable accélérateur de développement, dès lors que les tarifs en sont abordables. En France, des offres ADSL sont proposées à partir de 10€ le mois chez Orange ou 15€ par mois chez Neuf... Serait-ce objectif impossible dans le plus ancien des continents que de connaître des tarifs autres que prohibitifs ? Gageons que non et que l'Afrique, une fois de plus, saura relever la tête.

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Les commentaires

Il y a actuellement 2 commentaire(s).

Re: Afrique : sur le continent perdu d'Internet

Posté par voyezzz le samedi 16 août 2008 à 20h21

J'etais au Maroc l'été dernier et j'ai été au contraire agréablement surpris d'internet là-bas, ça marchais bien (en illimimité en plus), les prix sont à la porté de la classe moyenne et des cybercafé où les prix sont accessibles ...

J'étais dans des zones pas touristiques mais quand mème dans des villes moyenne ... dans la campagne profonde où il n'y a mème pas le telephone fixe ça doit etre different...

INTERNET EN AFRIQUE

Posté par clementinot le mardi 2 septembre 2008 à 17h13

contrairement à ce que vous pensez l'internet est bien developpé dans certains pays africain comme le senegal qui vit à l'heure du numerique meme si l'adsl n'est pas assez performant comme ici en france puisque le debit maximal est de 2mo, plusieurs foyers disposent d'une connexion internet. et pour ceux qui n'ont pas les moyens ils accedent à internet dans les cybers café que l'ont trouvent dans chaque coin de rue et a des tarifs pas cher du tout pour moins d'1 euro vous pouvez vous connecter pendant deux heures ou plus. je parle en connaissance de cause puisque chaque année je vais au sénégal

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